Catching Bad Temper

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ARTISTE : Puts Marie
ALBUM : Catching Bad Temper
DATE DE SORTIE : 29/09/2018
GENRE : Indie Rock
RÉFÉRENCE : YO72
TRACKLISTING :
1- Catalan Heat
2- C’Mon
3- The Waiter
4- Indian Girl
5- Garibaldi
6- Love Boat
7- Rhapsody

Ce sont des histoires de mariachis vendant leur musique et leur âme dans la nuit de Mexico, juke-boxes humains de père
en fils, là bas sur la place Garibaldi où les trafiquants de drogue se chantent comme les nouveaux Zorros. C’est ailleurs
une course de garçons de café dans les rues de la vieille ville, vestiges d’une époque “où les serveurs avaient encore
de la classe”. Ce sont à Barcelone des mottes d’herbes rases mangeant le bitume, et des plongeoirs d’un bleu profond,
reliques olympiques écrasées sous le soleil catalan. Le chanteur Max Usata choisit ses thèmes comme des polaroïds
extirpés de sa mémoire. “J’avais 10 ans en 1992. En vacances en Italie, je suivais à la télé un match de ping-pong.

Parfois, cela suffit à faire une chanson un quart de siècle plus tard.”

Au moment de s’élancer vers un nouveau chapitre, les cinq de Puts Marie avaient de quoi regarder dans le rétroviseur.
Plus de quinze années à jouer ensemble, des souvenirs en cascade, de la bohème des débuts en camping car aménagé
jusqu’aux grandes scènes européennes, de tournées sud américaines en séjours calfeutrés en studio. Un hiatus de trois
ans avaient permis aux musiciens de donner libre cours à leurs projets individuels avant de se retrouver en 2015 sur le
remarquable Masoch I – II. Ils continuent plus soudés que jamais avec Catching Bad Temper, sept titre fiévreux nourris
de l’expérience mais contemplant de nouveaux horizons.

“Notre principale peur était de se répéter ou, pire, de s’autoparodier”, confesse Max Usata. La magnifique singularité du
groupe ne devait pas devenir une limite, et les terrains inexplorés réclamaient d’être défrichés avec un peu de violence.
“On avait envie de jouer sur le rythme, le rap, les répétitions sans que cela devienne des boucles figées. Le tout devait
rester brut et vivant.”

Pour ce faire, Puts Marie enchaîne les résidences de création, de leur ville de Bienne jusqu’en
Avignon. Puis s’installe aux studios Black Box, dans le Maine-et-Loire, gage d’un traitement analogique, de prises live et
d’enregistrement sur bandes. “Je trouve très beau que chacun d’entre nous grandisse individuellement avec ses goûts
et ses désirs, mais que nous nous retrouvions toujours sur la même longueur d’onde quand il s’agit de jouer ensemble”.

Le résultat célèbre un groupe au sommet de son art. Magnifiquement impressionniste dans sa façon de restituer en
notes des tableaux aux émotions ambigüe, d’une inventivité qui ne fissure jamais la cohérence et l’efficacité du morceau,
Puts Marie livre des chansons d’une troublante force physique. Le songe n’est jamais loin du cauchemar, le lyrisme de

la crudité, la beauté du vice. Catalan Heat se faufile sur le fil anxieux d’une guitare surchauffée, les refrains de C’mon in-
vitent à une rêverie que le rap du couplet rappelle à la réalité.The Waiter titube entre fêlures bruitistes et lyrisme assumé.

Sur l’écho d’une guitare scintillante, Indian Girl se prélasse et Garibaldi ose 7’42 minutes de promenade entre chien et
loup, avant le coup de crocs final. Loveboat navigue sur un groove faussement paisible où la mer dissimule des récifs et
des épaves. Comme des bulles d’oxygène glissant vers la surface, Rhapsody accompagne le retour à l’air libre sur une
comptine délicieusement hypnotique.

Avec Catching Bad Temper, les Suisses se saisissent à pleines mains de leur musique, comme un organisme enfiévré
dont ils orchestrent et accompagnent les pulsations. Pleinement maîtrisé mais ouvert aux audaces, le nouveau disque
de Puts Marie est un corps hautement contagieux contre lequel on se blottit en confiance.




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