Elephant Love

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ARTISTE : Ropoporose
ALBUM : Birdbus
DATE DE SORTIE : 26 janvier 2015
GENRE : pop/rock
RÉFÉRENCE : YO38
TRACKLISTING :
1- Day of May
2- Desire
3- Moïra
4- Whu-Whu
5- Empty-Headed
6- Elephant Love
7- Consolation
8- My God
9- 40 Slates

Le rock s’éloigne des caractéristiques du vin, la dégustation ne se valorise pas forcément à l’orée de l’âge. Nous allons donc envoyer valser de suite la considération « bougies d’anniversaire » de cette présentation. Oui les 2 membres présents ici n’ont pas 40 ans à eux deux, et non cela n’a aucune importance. Macaulay Culkin a bien sauvé sa maison et New York des gangsters par 2 fois avant d’avoir perdu toutes ses dents de lait.

Contrairement à un Doc qui commandait de le classer dans la varièt, les Ropoporose ne cherchent pas à se définir. Indie, art-rock, post-pop, alternatif ???? Une guitare, une batterie, un clavier, une pédale de boucles (soit du merdier) constituent le socle de ce rock ambitieux et accidentel. Ambitieux car Romain et Pauline (prénoms choisis par des parents qui leur sont communs) ont pour volonté affichée de brasser les genres et les songes. Accident artisanal car le groupe est né suite à la tentative avortée de reprendre un titre du groupe Girls. Devant le constat d’échec face à leur piètre niveau de singes savants, ils prirent le parti d’écrire leurs chansons calfeutrés dans leur chambre.

Quitte à se placer de facto dans l’aventure fraternelle, quoi de plus logique de se positionner en garant d’un héritage ? Les Ropoporose sont le plus beau patchwork en tissu qu’une famille puisse s’offrir : à bas les soirées diapositifs, placez vos enfants à l’école du rock pour les futurs souvenirs. Elephant Love est une peinture : tout d’abord de Céline Delumeau pour la pochette et de Pauline Ropoporose à l’âge de 3 ans et 72 jours pour l’animal au verso. Un croquis ensuite du passage non à l ‘âge adulte mais au moment où l’on accepte que cette oraison existe. Ce premier jet est une déclaration romanesque sur la volonté de prendre sa destinée en main. C’est à la fois la lucidité face aux échéances de Stand By Me de Stephen King et la douceur teintée de merveilleux d’une production Amblin. C’est ce moment fatidique où l’on se fait une promesse sur la voie à suivre, la voix que l’on souhaite apposer pour défendre nos valeurs en devenir, l’instant T où l’on détient encore les crayons de couleurs pour notre devenir. Pas d’absolution et de marche arrière pour le chemin de croix de musicien mais à l’instar de la sexualité ce postulat de vie n’est pas un choix, il s’impose à nous. Les Ropoporose ont simplement eu l’intelligence d’entendre les désirs de création qui se faufilaient des usures de vinyles de leurs ainés tels que Shannon Wright, Arcade Fire ou Sonic Youth. Peu importe que tu soies issu de New York ou Vendôme, nécessité fait loi. Ce terreau local du Loir et Cher fut le théâtre d’une partie de leur éducation musicale via notamment leur présence assidue au festival des Rockomotives et de la découverte du revers de la médaille de ces désirs : l’étape enregistrement. Celle-ci s’est déroulée chez les voisins de Thoré la Rochette, à même la maison de sieur Lambla assisté pour la direction artistique de Lionel Laquerrière. Entre cave troglodyte, terre battue, carrelage de la cuisine et pauses nocturne ; cette première expérience fut pensée à l’abri, en se protégeant des urgences inhérentes au planning de studio.

Rempli de sagesse, Elephant Love est un premier album qui échappe au défaut majeur des premières œuvres : le trop plein. La malédiction « Citizen Kane » d’Orson Welles pour les images ou « Mmmbop » des Hanson pour le son. Pas de cagnotte sur Internet pour financer un clip ou une maquette, le duo choisit le vintage : tourner, tourner, tourner, s’amuser, trinquer. A l’instar de la scène Tourrangelle de la bamboule des Pneu, Piano Chat, Funken et du grand frère Boogers, les Ropoporose n’ont pas oublié le pourquoi on se fardait le tetris dans le van avant chaque concert, les bières chaudes et les salades de pâtes froides : car c’est le prix à payer pour une vie faite de rencontres. Ils rejoignent ces groupes sur ce parti-pris d’entreprendre avant de prétendre, de jouer avant de planifier, de lancer des confettis car la fête n’empêche pas la musique exigeante. Pas de temps pour les regrets, les Ropoporose sont dramatiquement honnêtes dans la démarche. Au contraire des tricheurs lisant la dernière page des livres dont vous êtes le héros, eux acceptent de se casser la figure, d’assumer une formule scénique magistralement bancale et d’aller au combat bien avant de comprendre les rouages d’une industrie. Peut-être qu’un comparse familial est ce qui manquait à Macaulay ? Il n’aurait ainsi pas fini dans Pizza underground, formation rendant hommage au Velvet et à cette spécialité Italienne.



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