Electric Soul

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album
ARTISTE : Zenzile
ALBUM : Electric Soul
DATE DE SORTIE : 24 septembre 2012
GENRE : dub
RÉFÉRENCE : YO26
TRACKLISTING :
1- Scars,
2- No Idol,
3- Mind Control,
4- Stay,
5- Yuri’s Porthole,
6- Magic Number,
7- Chewin’ Mi Mic,
8- Over/Time,
9- Man Made Machine,

A bien des égards, « Scars », le titre d’ouverture de ce nouvel album, pourrait servir de parfait condensé à l’œuvre de Zenzile : une nappe de clavier rampante, une basse nonchalante, un groove qui s’installe imperturba- blement, la voix sexy en diable de Jamika qui impose le silence, une flûte enchanteresse en écho, et les corps qui deviennent incontrôlables. Bref, du dub et en même temps tellement d’autres choses.

 

Le groupe angevin s’est en effet toujours arrangé pour apparaître où on ne l’attendait pas : précurseur du dub au milieu des 90’s quand le genre était parfaitement inconnu en France, sobre et aérien quand les pairs avaient tendance à empiler les couches, soudainement électronique quand leurs fans ne juraient plus que par leur son très organique, et récemment de retour au dub originel quand on les croyait définitivement basculés dans le rock… Alors bien entendu, vous devinez que ce n’est pas parce que leur huitième album s’appelle « Electric Soul » qu’il faille y chercher de quelconques hommages à Aretha Franklin ou Al Green. Ca serait beaucoup trop simple… Non seulement ce disque n’est pas particulièrement soul, mais il n’est même pas le plus électrique de leur carrière. En revanche, il a indéniablement une âme, qui irradie les neuf morceaux du tracklisting. Cette âme, c’est un son.

 

A la manière de Grace Jones ou ESG au début des 80’s, voire de Massive Attack à la fin des 90’s, Zenzile a su s’in- venter une identité sonore éminemment personnelle, piochant ici et là dans le dub, le post-punk, la Black Music, la new-wave et la pop. Ce nouveau disque réussit donc encore l’impossible pari de surprendre tout en étant familier. Comme si les Angevins, avec l’expérience, n’écrivaient plus que des classiques instantanés. On a beau chercher dans leur imposante discographie, on ne voit pourtant pas grand chose qui ressemblerait déjà à ces « Stay »,

 

« No Idol », « Magic Number », « Yuri’s Porthole » ou « Man Made Machine » (où l’on entendrait presque planer le « Angel » de Hendrix en fond). Ce qui n’empêche pas de reconnaître la patte du groupe dans la seconde.

 

« Electric Soul » rend ainsi hommage à un certain passé (le dub du On-U Sound de Adrian Sherwood, la new wave jamaïcanisée), s’inscrit dans un présent relatif (les meilleurs travaux de Roots Manuva) et regarde effronté- ment vers l’avenir (une bonne moitié de ce disque pourra prétendre à figurer sur une compilation rétrospective de la carrière du groupe).

 

Les fans le savent, chaque disque de Zenzile possède son sommet caché, qu’on attend impatiemment de pouvoir gravir sur scène à leur côté. Ici ce sera sans conteste « Over/Time », magnifique odyssée cinématique de 8’27’’ entre post-rock et spiritual jazz, qui emporte les corps et les esprits dans son sillage. Apocalypse now !

 

Un dernier mot tout de même pour présenter la dernière recrue du désormais septet : le franco-égyptien Jérôme «Jay Ree» El Kady en impose par son chant protéiforme et incite le groupe à signer son premier disque 100% vocal. Aussi à l’aise dans la scansion hip hop afro-futuriste que dans le vibrato reggae ou le crooning soulful, Jay Ree ne semble nullement impressionné par son statut de petit nouveau. Sa voix spatiale habite magistrale- ment quatre titres de « Electric Soul », en accord parfait avec celle de l’Américaine Jamika Ajalon, plus charisma- tique que jamais, qui résonne sur cinq. Et au menu des surprises on découvre également un Winston McAnuff terriblement soul, très très loin de son mythe d’Electric Dread.

 

Et si finalement c’était ce petit détail qui résumait le mieux le nom de cet album ?

 

KALCHA



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