DAMLIF

 

Avec son nouvel EP Marcelle, damlif livre un objet sonore et cinématographique sculpté par la nuit et par la quête d’identité. En s’appuyant sur ses racines rap pour mieux les sublimer, pour mieux s’en détacher, il donne vie à un projet où l’optimisme des mélodies côtoie la profondeur des thèmes et de sa voix. Il manie les images comme des souvenirs, souvent heureux, parfois énigmatiques, et laisse la musique et les instrumentations s’exprimer en premier lieu, au carrefour de la chanson, du rap et des influences indie pop de Blood Orange ou Connan Mockasin. Il y tout cela dans Marcelle.

Découvert en 2018 grâce à son EP intitulé I, Who Dreamed, damlif, aujourd’hui âgé de 22 ans, a su progressivement s’éloigner des carcans pour se trouver artistiquement. Il est devenu le principal architecte de ses projets, créant une symbiose entre ses instrus et ses textes, une esthétique sonore à la cohérence bluffante. Mais si l’écriture et les premières notes naissent de l’errance, de l’intime, le rappeur est épaulé par le compositeur Toboë et par Sheldon, l’une des têtes pensantes du collectif 75e Session. « On vient de la même école de rap », résume-t-il. Et ça s’entend.

Si les grands noms de la chanson française tels que Michel Jonasz ou Renaud hantent son écriture, il s’est aussi construit artistiquement grâce au rap anglophone de Rejjie Snow ou d’Earl Sweatshirt, et celui, plus proche de nous, de Népal ou de Prince Waly. Ça n’est donc pas pour rien que damlif cite les jazzmen Art Blakey ou Benny Golson comme références sur le morceau Marcelle entre, qu’il explore les sonorités résolument électroniques sur le titre éponyme, ou qu’il malmène des guitares texturées avec Sous mon vocodeur.

Mais une question brûle les lèvres : qui est Marcelle ? « C’est un personnage nocturne, un amas d’influences et d’émotions. » Une réponse aussi énigmatique que la musique contenue dans cet EP. Elle résonne comme une invitation à pénétrer un univers sans pareil, peuplé d’enregistrements du quotidien au grain si particulier, abîmé.

« J’ai toujours sur moi un petit compact numérique avec lequel je filme un peu tout, tout le temps, et dont je récupère l’audio ». Ces extraits sonores superposés aux compositions nous happent au cœur d’un projet unique, émouvant et complètement hors du temps.



DISCOGRAPHIE